Les grands suppliciés au Tartare

Les Danaïdes | Tantale | Ixion | Tityos | Sisyphe

 

Il y a aux Enfers des âmes bonnes et mauvaises. Les bonnes sont heureuses pour l'éternité sans discernement, mais les grecs ont été plus imaginatifs pour ce qui est du sort des mauvaises. Le Tartare est le séjour des méchants, des hommes ayant commis de leur vivant des fautes impardonnables pour la justice des hommes, mais surtout pour celle des dieux. Des supplices éternels sont le lot de ces criminels, connus depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, car ils sont les exemples du méchant chatié et de l'intransigeance de la justice divine après la mort, donc du devoir de respect de la loi des hommes et des dieux sur la Terre.

Une tache sans fin : les Danaïdes

Elles sont 50, filles du roi Danos, promises aux 50 fils de son frère, le roi Egyptos. Le soir de leurs noces, Danos donne à chacune de ses filles une dague pour qu'elle tue son époux durant la nuit. Elles s'executèrent toutes sauf Hypermnestre qui laissa en vie Lyncé. Ce dernier massacra les 49 Danaïdes qui furent précipitées au Tartare où elles doivent pour l'éternité remplir d'eau un tonneau ou un chaudron sans fond (cf fig. 29 et 30). Nous pouvons bien comprendre sur ces figurations leur tâche : le tonneau étant percé, l'eau se deverse sans cesse hors du récipient. Elle ont beau être 49, rien n'y fera, la tâche est éternelle. Les Danaïdes sont les seules grandes suppliciées féminines, mais au Tartare, pas de misogynie : chaque faute doit être expiée.



fig. 29 : lécyte attique, v. 490 av.J.C.


fig. 30 : John Singer Sargent (1856-1925) : Les Danaïdes
A noter dans la peinture de John Singer Sargent ci-dessus, la forme en "D" (initiale du sujet) renversé du support, donc la composition en triangle de la scène, les Danaïdes qui montent vers le tonneau puis en descendent pour recommencer la même tâche, tout comme Sisyphe que nous verrons plus tard.